Le far breton sans pruneaux tient-il vraiment toutes ses promesses sans fruits ? Oui, à condition de viser une mie dense et fondante, une croûte franchement dorée et un équilibre précis entre farine, œufs et lait entier. Cette recette traditionnelle mise sur le beurre demi-sel et une cuisson en deux temps : le four saisit d’abord la pâte, puis termine doucement son travail.
Dans la cuisine de Bretagne, le far nature a toute sa place, sans retirer leur légitimité aux versions fruitées. Comme pour le kig-ha-farz et sa préparation de farine, mieux vaut distinguer les usages familiaux d’une formule prétendument unique : les proportions changent, mais la texture recherchée reste le meilleur guide.
Ce qu’il faut retenir
- Pour 6 à 8 parts : un plat rond de 24 cm permet une épaisseur régulière.
- Une pâte lisse : incorporer progressivement le lait tiède, puis laisser reposer 30 minutes.
- Deux températures : 220 °C pendant 15 minutes, puis 180 °C pendant 35 à 45 minutes.
- Le bon repère : des bords pris et un centre qui frémit légèrement, sans rester liquide.
Far breton nature traditionnel : les ingrédients et le bon plat
Cette recette facile donne un dessert maison assez ferme pour être découpé, mais souple sous la fourchette. Prévoir 20 minutes de préparation, 30 minutes de repos, puis 50 à 60 minutes de cuisson ; le refroidissement demande encore environ une heure.
- 200 g de farine de blé T55
- 150 g de sucre en poudre
- 4 œufs moyens, soit environ 200 g sans coquille
- 750 ml de lait entier
- 50 g de beurre demi-sel : 30 g pour la pâte et 20 g pour le plat
Le lait entier pasteurisé convient parfaitement : le lait cru n’est pas indispensable à la réussite. Le beurre apporte déjà du sel ; une pincée supplémentaire risque surtout de déséquilibrer les marques les plus salées.
Choisir un plat en céramique de 24 cm de diamètre, profond d’au moins 5 cm. La pâte occupe environ 3 cm de hauteur avant cuisson, ce qui lui laisse de la place pour gonfler sans déborder.
La terre cuite possède une certaine inertie thermique, mais elle ne garantit pas, à elle seule, le moelleux. Un récipient métallique fonctionne aussi : ses bords chauffent plus vite, ce qui impose simplement une surveillance plus précoce.

Préparer un far sans pruneaux : les gestes dans l’ordre
Le piège classique consiste à verser tout le liquide d’un coup : la farine forme alors des petits noyaux secs difficiles à déloger. Elle ne se dissout pas comme le sucre ; elle se disperse, puis s’hydrate, d’où l’intérêt d’un mélange progressif.
Tiédir le lait. Faire fondre doucement les 30 g de beurre dans une petite partie du lait, puis ajouter le reste. Le mélange doit être tiède, autour de 35 à 40 °C, et non brûlant : un liquide trop chaud peut commencer à épaissir la farine ou à coaguler les œufs.
Former une base épaisse. Mélanger la farine et le sucre dans un saladier, puis incorporer les œufs un à un. Fouetter jusqu’à obtenir une pâte épaisse et homogène ; inutile de la faire mousser longuement, car une grande quantité d’air favorise un gonflement irrégulier.
Délayer progressivement. Verser d’abord une petite louche du mélange lait-beurre et fouetter jusqu’à disparition des traces de farine. Ajouter ensuite le liquide restant en trois ou quatre fois, en raclant bien le fond du récipient.
Laisser reposer 30 minutes. Cette attente aide la farine à s’hydrater et laisse retomber une partie des bulles. Si quelques grumeaux persistent, passer la préparation au tamis plutôt que de prolonger inutilement le fouettage.
Préparer le four et le moule. Pendant le repos, préchauffer à 220 °C en chaleur statique et beurrer le plat avec les 20 g réservés. Remuer doucement la pâte avant de la verser : la farine peut se déposer au fond pendant l’attente.
Cuire en deux temps. Enfourner à mi-hauteur pendant 15 minutes, puis régler à 180 °C et poursuivre 35 à 45 minutes. En chaleur tournante, commencer plutôt à 200 °C, puis descendre à 170 °C, en contrôlant la coloration.
Une surface qui gonfle comme un petit coussin n’annonce pas un ratage. Le gâteau retombe en refroidissant : sa tenue se juge après repos, pas à travers la porte du four.

Cuisson du far breton : reconnaître le fondant et servir
Pourquoi éviter le test du couteau parfaitement sec ? Ce dessert breton conserve une humidité intérieure : attendre une lame totalement sèche peut conduire à une texture trop ferme. Le centre doit bouger légèrement d’un seul bloc, sans vague liquide sous la croûte.
| Observation | Ce qu’elle indique | Geste adapté |
|---|---|---|
| Surface brune, milieu liquide | Coloration plus rapide que la prise | Couvrir légèrement et poursuivre à 170 °C |
| Bords fermes, centre frémissant | Cuisson presque achevée | Sortir et laisser refroidir dans le plat |
| Couche inférieure très compacte | Dépôt possible de farine avant cuisson | Remuer la pâte juste avant de remplir le moule |
Laisser tiédir sur une grille avant de découper. Pour des parts nettes, attendre le refroidissement complet ; pour davantage de souplesse, servir légèrement tiède.
Cette spécialité bretonne se conserve au réfrigérateur, dans un récipient couvert, pendant deux à trois jours. La réfrigérer dans les deux heures suivant la cuisson et sortir seulement les portions nécessaires : le froid raffermit cette pâtisserie française, sans signaler un défaut de préparation.
Variante : pour parfumer discrètement la pâte, ajouter une cuillère à soupe de rhum ambré en retirant le même volume de lait ; cette touche reste facultative. Pour changer franchement de registre, le far breton aux pommes apporte une texture fruitée, mais demande de tenir compte de l’eau libérée par les morceaux : mieux vaut suivre ses proportions propres plutôt que charger cette base nature.


