Un système de production sur le changement ?

La majeure partie de la production alimentaire est basée sur des systèmes agricoles à forte intensité de ressources, avec des coûts environnementaux élevés. De fait, le sol, les forêts, l’eau, la qualité de l’air et la biodiversité continuent à se dégrader. Or, l’accent mis sur l’augmentation de la production à tout prix n’a pas été suffisant pour éradiquer la faim et nous assistons même à une épidémie mondiale d’obésité ! Il faut donc désormais promouvoir un changement transformateur dans la façon de produire et consommer, avec des systèmes alimentaires durables qui fournissent des aliments sains et nutritifs et des services écosystémiques résistants au climat.

L’agroécologie peut apporter un certain nombre de contributions à ce processus de transformation de nos systèmes alimentaires. Combinant les connaissances traditionnelles et scientifiques, elle applique des approches écologiques et sociales aux systèmes agricoles, en mettant l’accent sur les riches interactions entre les plantes, les animaux, les humains et l’environnement. L’agroécologie peut sauvegarder les ressources naturelles et la biodiversité, et promouvoir l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets. Elle peut également améliorer la capacité de réaction des ménages de petits exploitants, en particulier dans les pays en développement où la malnutrition est la plus élevée. Elle peut contribuer à la production et à la consommation d’aliments sains et nutritifs et promouvoir l’économie et les marchés locaux.

Le besoin d’un soutien politique fort

Mais pour cela, il faut que les décideurs nationaux apportent un soutien accru à l’agroécologie : pour aller de l’avant, le monde a besoin de l’engagement d’un plus grand nombre de gouvernements et de décideurs politiques. Transformer les systèmes alimentaires d’une manière durable signifie apporter des changements économiques, sociaux et culturels. Une production diversifiée doit s’accompagner d’une alimentation diversifiée et être acceptée par les consommateurs conscients des implications nutritionnelles et climatiques. Stéphane Le Foll, ancien ministre français de l’Agriculture, avait appelé dans l’un de ses discours au dialogue et à l’action pour créer une révolution de la production agricole, fondée sur la nature, les savoirs locaux et la science : « Nous sommes à un tournant dans l’histoire de l’humanité, et c’est à nous de faire nos propres choix – des choix fondamentaux – qui seront cruciaux pour notre avenir collectif », avait-t-il dit.

Un exemple pratique d’agroécologie est offert par les agriculteurs chinois qui ont créé un écosystème intelligent dans lequel les feuilles de mûrier nourrissent les vers à soie dont les déchets organiques sont ensuite utilisés comme nourriture pour les poissons. La matière organique présente dans les étangs est donc utilisée comme engrais pour les mûriers, complétant ainsi un cercle vertueux de production. Depuis des siècles, ce système soutient également des activités complémentaires telles que la production de soie.

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